La concurrence déloyale : conditions et sanctions

La concurrence déloyale : conditions et sanctions

Le principe de la liberté de la concurrence oblige chaque entreprise à utiliser des moyens sains et légaux afin d’attirer la clientèle. Mais  il arrive que dans certaines circonstances, les commerçants usent des pratiques abusives pour nuire à la concurrence.

Les différentes formes existantes

De nos jours, les techniques de concurrence déloyale les plus utilisées sont généralement au nombre de quatre :

  • Le dénigrement : c’est le fait de critiquer publiquement et ouvertement les produits ou les services d’un commerçant concurrent. Il faut que la critique identifie clairement la victime concernée, et qu’elle porte soit sur ses méthodes ou soit sur son travail.  Sachez que le caractère public de l’acte est indispensable afin que cette pratique abusive puisse être qualifiée.
  • La désorganisation : il consiste à débaucher massivement et abusivement les salariés dont l’autre connaît le savoir-faire acquis au sein d’un concurrent. Prenons par exemple, la divulgation des secrets de l’entreprise c’est-à-dire de secrets liés à son organisation ou à sa fabrication.
  • La confusion : il s’agit d’utiliser les mêmes signes distinctifs que le concurrent dans le but de créer une confusion dans la tête des clients. Alors, elle vise principalement les éléments essentiels d’identification du commerçant concerné comme le sigle, le logo et autres.
  • Le parasitisme : il consiste à  tirer des profits de la notoriété d’une entreprise pour réaliser des bénéfices sans concours à des dépenses engagées au résultat de ce travail.

Les conditions de la concurrence déloyale

Pour pouvoir invoquer la concurrence déloyale, nous devons respecter les trois conditions complémentaires.  Tout d’abord, il y a la notion de la faute qui peut être un acte intentionnel ou non intentionnel dans l’objectif de nuire un concurrent. Donc, le caractère intentionnel n’est pas une condition obligatoire. Il faut juste que l’acte soit contraire à une loi ou à un règlement. Ensuite, il faut que la faute commise entraîne un préjudice au concurrent ciblé. Notons que le préjudice par ricochet n’est pas pris en considération. Nous pouvons prendre comme dommage, la perte excessive des clients. Et enfin, il doit avoir un lien de causalité entre la faute commise et le préjudice subi c’est-à-dire que l’un est à l’origine de l’autre.

Les éventuelles sanctions possibles contre l’auteur

Si l’entreprise victime dispose suffisamment de preuves en sa possession, elle peut déclencher l’action en concurrence déloyale auprès des juridictions compétentes. Pour une action contre un commerçant, le tribunal de commerce est compétent. Le tribunal de grande instance est concerné pour une action contre un non-commerçant. Et le conseil de prud’hommes pour une action contre un employé. Le but de la démarche en concurrence déloyale est la réparation du préjudice subi par la victime, car elle est fondée sur la base de la responsabilité délictuelle édictée dans l’article 1240 du Code civil. C’est pour cela que les sanctions prévues par les tribunaux peuvent être : des dommages et intérêts, la publication de la sanction et/ou la cessation de l’acte constitutif de la faute.

Micheline Jasperot

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